Hôpital
Pierre Rouquès
Les Bluets
4 rue lasson 75571 PARIS CEDEX 12
Tél. 0153364100
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Pierre Rouquès
Les Bluets
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Tél. 0153364100
De tout temps, les hommes ont imaginé mille recettes pour essayer de parer aux conséquences indésirées des rapports amoureux :
Introduction dans le vagin de miel ou de pommade à base d’excréments de crocodile dans l’Egypte ancienne.
Badigeonnage d’huile de cèdre, d’onguent de plomb ou d’encens mélangé à l’huile d’olive en Grèce,
Utilisation d’huiles (safran, acacia, racines de mandragore) mélangées à la pulpe de grenade ou figue pour éviter que le sperme ne pénètre dans le vagin(les prémices des spermicides actuels)
Douche vaginale d’eau froide pour tuer le sperme à l’époque romaine. Chez les nobles, un esclave accourait après chaque rapports sexuels pour effectuer une douche vaginale. Les « poires » vaginales ont été beaucoup utilisées par nos grands-parents.
Tampons occlusifs en laine (principe qui sera à la base du diaphragme), pour fermer le col de l’utérus. Méthode étudiée par Soranos, le plus brillant gynécologue de l’Antiquité.
Recommandations préconisant l’abstinence à certaines périodes du cycle considérées comme fécondantes (procédé proposé par le même Soranos, Kama-Sutra en Inde à partir du 4ème siècle).
Apparition en Asie, au 16e siècle, du préservatif :
Les Chinois le fabriquent en papier de soie huilée, les Japonais en écaille de tortue ou en cuir.
En 1564, Gabriel Fallope invente un fourreau de lin « à la mesure du gland » imbibé de décoctions d’herbes astringentes.
De nombreux textes du 17ème siècle parlent de sachets péniens.
Condom (préservatif) vient du verbe latin condere qui signifie, cacher, protéger.
Louis XIV en commande pour son propre usage. Son usage se banalise, beaucoup d’hommes l’utilisent. Ils sont en boyau animal (pas très confortable) « cuirasse contre le plaisir » dira la marquise de Sévigné.
Il faut attendre la Révolution Française puis les mœurs plus libres du Directoire pour voir le commerce du préservatif se légaliser.
Le latex fut découvert par Charles Goodyear en 1839. En 1870 qu’apparaît le 1er préservatif sur le marché.
En 1901, voici quelques noms évocateurs de marques de préservatifs : le crocodile, le rival protecteur, le voluptueux, le bibi chatouilleur, le porc épic, le velouté, le cristallin.
La capote est lavée après chaque utilisation, séchée et talquée.
Au début du 20eme siècle, apparaît la mode des douches vaginales après chaque rapport sexuel : avec l’invention d’une pompe qui propulse dans le vagin un mélange d’eau et de toutes sortes de produits supposés détruirent les spermatozoïdes (vinaigre, acide citrique.....)
Le stérilet est mis au point au début du 20eme siècle, mais ne sera utilisé qu’après la seconde guerre mondiale, venant concurrencer la méthode Ogino.
En 1924, Kiasuku Ogino, médecin japonais, met au point la méthode qui a pris son nom en calculant la période de fécondité au moment de l’ovulation entre le 12eme et le 16eme jour du cycle, et en pratiquant donc l’abstinence pendant cette période :
Des milliers de femmes utilisent ce calendrier Ogino et des milliers de bébé Ogino comme on les appelle, naîtront ; les échecs étant d’environ 40%.
Puis arrive la méthode des températures, méthode Knauss, nom de son inventeur, repérant la montée de la température au moment de l’ovulation. Elle s’avéra être aussi un échec sur le plan contraceptif. Cette méthode est beaucoup plus efficace pour repérer l’ovulation dans une démarche de désir de grossesse.
En 1912, une infirmière new yorkaise, Margaret Sanger assiste à la mort d’une mère de trois enfants qui avait tenté d’avorter. Elle se mobilise et en 1923 fonde a New York le premier centre de planning :
Trois ans plus tard, il en existe 250 aux Etats Unis.
En 1951, avec l’aide de Margaret Sanger, Grégory PINCUS ouvre le premier centre de recherche ou il travaille sur les hormones sexuelles :
Son équipe a Mexico met au point une synthèse d’œstrogènes et progestérone qui empêche l’ovulation.
En 1954 les premiers essais à Porto Rico montrent l’efficacité de cette contraception orale. La pilule est née. Elle se nomme l’Enovid.
- Des effets secondaires importants apparaissent, mais cette méthode étant une grande avancée pour les femmes, les recherches continuent.
En 1960, aux Etats Unis, la première pilule contraceptive est commercialisée.
En France, le pouvoir politique se refuse à l’autoriser.
En Chine, dès 1965, elle connaîtra un développement considérable très rapidement.
La Grande Bretagne est la première en Europe à l’expérimenter.
En 1961, des françaises créent, dans une quasi-clandestinité, le premier centre de planning familial à Grenoble :
On y fait venir de Suisse ou d’Angleterre des diaphragmes et la pilule y fait une timide apparition en 1965.
Pour contourner la loi, ses propriétés contraceptives ne sont pas mentionnées.
Officiellement, c’est un médicament pour régulariser les règles.
Les Françaises ne cesseront de faire pression sur les hommes politiques : entre 1967 et 1987, le pourcentage de femmes entre 15 et 49 ans prenant la pilule passera de 4 à 30 %.
Les industries pharmaceutiques poursuivront leurs recherches, des pilules associant des dosages d’œstrogènes et progestatifs différents seront mises sur le marché.
On parle de pilule de 2ème et 3ème génération.
Les prix augmentent.
On assiste au non-remboursement de ces pilules malgré les pressions des associations d’usagers et de professionnels.
Actuellement émergent des pilules génériques.
En France, le Dépoprovera introduit dans les années 1980 a peu de succès :
La perturbation du cycle menstruel est très mal vécue en Europe.
Souvent dans les centres de planification, la demande de cette contraception injectable vient de femmes africaines (contraception utilisée fréquemment dans leur pays d’origine.)
Cette méthode était proposé par le corps médical aux femmes qui avaient de grandes difficultés avec les autres contraceptifs.
Cela a changé depuis l’arrivée de l’implant contraceptif.
Aux Etats Unis, le Norplant, (bâtonnet de silicone implanté sous la peau) est mis sur le marché en 1993, et utilisé comme moyen de pression par le pouvoir législatif ; ainsi les femmes reconnues coupables de violence sur enfant avaient obligation de se faire placer ses implants, entraînant une stérilisation forcée de ces femmes pour 5 ans.
En France, l’implant contraceptif, l’Implanon, a fait son apparition vers 2000, et semble de plus en plus proposé, surtout lorsqu’il y a des oublis de pilules, et dans le cas d’ivg répétées.
En 1988, apparaît le RU 486, la pilule abortive.
L’OMS crée des programmes de recherche sur de nouvelles techniques contraceptives ;
Début 2004, deux nouvelles formes de contraception hormonales - le patch et l’anneau vaginal - sont commercialisées.
Aux USA la méthode la plus répandue est la stérilisation, 38% des hommes et des femmes y ont recours.
En France, c’est la loi du 4 juillet 2001 qui légalisera la stérilisation masculine et féminine.
Et la contraception masculine ?
Au début des années 70, des groupes d’hommes ( MLA ) se sont réunis, un peu en regard des groupes de femmes du MLF, et ont réfléchi sur leur participation possible à la contraception. Des expériences ont eu lieu, du slip chauffant aux produits hormonaux.
Actuellement, on s’oriente vers des hormones qui vont diminuer, voir arrêter la spermatogénèse ; mais les recherches ne sont toujours pas abouties complètement puisque nous observons des effets secondaires et pour certains hommes la poursuite d’une production de spermatozoides ;
Cependant tout ceci n’est pas si facile à gérer dans le parcours des femmes et des couples .
Martine Chosson -18 mars 2005 Conseillère conjugale et familiale du Centre de planification des Bluets.
BIBLIOGRAPHIE :
Histoire et philosophie de la médecine (A. MOREAU)
Revue Pratique février 1982
Histoire de l’avortement - Table Ronde (Modératrice Danielle Hassoun)
11ème journées ANCIC - Mai 1995
Si la pilule m’était contée
Yves Malinas - 1989
La contraception à travers les siècles
Anne Marie Thomazeau - VIVA
L’interruption de grossesse depuis la loi Veil
Paul Cesbron - Flammarion 1997